Suit le compte rendu de la journée "Souffrance au travail" organisée en mars dernier par la CGT des Hauts de Seine.

Les activités de l'Association Contre le Harcèlement Professionnel (ACHP) ont vu le jour suite aux encouragements recus de cette réunion de Nanterre. Je rappelle qu'il est possible de me contacter via notre page web ou en me téléphonant: téléphone et fax 0145830720 .

Amicalement, et dans l'attente de vous lire ou de vous entendre,

Luis GONZALEZ-MESTRES
Président de l'ACHP, Association Contre le Harcèlement Professionnel
http://hlm.le-village.com/virtuel2/indexachp.html
virtuel2@caramail.com


Synthèse du débat Journée d'étude sur la " SOUFFRANCE AU TRAVAIL "

Cette journée a été réalisée à l'initiative de l'USTM-CGT 92 en coopération avec l'Union Départementale CGT.

* 72 personnes ont participé à cette journée.
* 30 entreprises de divers secteurs d'activité et de la Métallurgie y ont participé.
* 12 intervenants ou experts à des titres divers mais touchant au sujet de la journée d'étude étaient présents.
* Plus de 50 interventions ou contributions à la discussion se sont succédées au cours de la journée.

 

* Résumé synthétique

 

L'animation de cette journée est réalisée par Monsieur CANVA Andrew, mutualiste et journaliste à VIVA. Il présente les invités et le cadre de l'initiative placée sous les hospices des Etats Généraux de la Santé.

* OSVATH Jean-Louis (secrétaire de l'USTM 92) explique les raisons de l'organisation de cette journée (rapports médicaux accablants, suicides, stress, se sont multipliés) et lance la discussion. Il propose que la journée se déroule en trois temps :

1. Le constat d'une situation,
2. Les moyens à notre disposition pour faire face,
3. Les propositions.

* Monsieur CASTELLANO (ALSTOM)
Intervenait sur les procédés de destructuration des individus pour les contraindre à quitter l'entreprise. Il aborde la façon scientifique dont les procédures sont mises en place dans son entreprise, évoque la formation des DRH par un cabinet extérieur à l'entreprise, il transmet au collectif d'organisation de la journée les documents de cette formation qui atteste du harcèlement moral dont sont victimes certains salariés de son entreprise.

* Monsieur CHAUVEL (HISPANO) confie qu'à la réception de l'invitation à cette journée, les représentants CHSCT se sont interrogés sur sa nécessité, en particulier pour les salariés en Bureaux. Après enquête auprès de ceux-ci, il s'avère que de réels problèmes existent dans son entreprise - condition de travail - surcharge nerveuse - " beaucoup pètent les plombs ", ambiance de travail dégradée.

* Monsieur SAPPE (PEUGEOT JARY) évoque le poids de la situation sociale et son impact sur les salariés, la peur du licenciement pour absentéisme les dissuadent de se soigner. Dans son entreprise dit-il, 25 jours d'arrêt annuels équivalent à un licenciement. Il évoque la même attitude devant la reconnaissance en maladie professionnelle. Dans son entreprise, un CHSCT va enfin voir le jour, il conclut par l'idée : " nous devons faire baisser la peur ".

* Monsieur ROBLIN (OTIS) revient sur les maladies professionnelles. Il développe sur l'idée, il y a la peur, mais il y a aussi le fait que personne dans l'entreprise ne sait s'y prendre.

* Madame PASCUAL de CASTRO (Hôpital FOCH) intervient sur l'organisation du travail et ses contraintes pour les personnels - infirmier - laboratoire -médecin. La démarche " Qualité totale " a été instituée, toute l'organisation du travail est tournée sur cet objectif, mais sans moyen réel. Les salariés de l'hôpital sont les seuls mis à contribution, avec des effectifs réduits. Il est toujours demandé plus et mieux. Le traitement de la santé l'est sur le modèle de la marchandise. Pas étonnant dès lors que le médecin du travail fasse apparaître les dégâts du stress dans son rapport annuel, que des tentatives, des suicides soient constatés chez les anesthésistes dans la salle de garde.

* Madame MARTINON BONIN (Hôpital FOCH) revient sur les suicides, sur la souffrance physique et morale, sur l'augmentation de la pénibilité, sur la mise en place de protocoles expérimentaux et variables, les intervenantes de FOCH font état d'une entrave caractérisée de la direction de l'hôpital à l'action du médecin du travail (violation du secret médical). En résumé, les objectifs à atteindre sont antagonistes. Tâche à remplir le moins cher possible mais de grande qualité avec une grande flexibilité des horaires et des postes tout en ayant le temps de travail annualisé.

* Monsieur GLAISNER (RENAULT Guyancourt) parle des conditions de travail du nouveau Technocentre Renault. Structure de bureaux paysagers, contrairement à ce que l'on pourrait croire, éloigne les gens, déshumanise l'environnement, plus de convivialité, recrudescence de l'individualisme. D'autre part, le travail en plateau, l'accroissement de la sous-traitance, l'éloignement du lieu de travail-domicile, font que de plus en plus la voiture est nécessaire pour des trajets de plus en plus long, générateur d'accident de travail (accident de trajet) nombreux et graves (endormissement au volant...).

* Monsieur CARRE (Association Ambroise Croizat) intervient sur les difficultés de la réinsertion et de la réparation. Les budgets santé dit-il , sont sur enveloppe fermée limitant d'autant les actions santé. Il conclut en disant que les ordonnances Juppé ne sont pas remises en cause.

* Monsieur HESS (CPAM) évoque la situation dans son entreprise : il fait le constat que la première cause de maladie a des causes psychiques - ce que la direction d'entreprise conteste invoquant des causes extérieures - Depuis la mise en place d'une nouvelle organisation du travail 50% des agents prennent des psychotropes, 1/3 de nos effectifs ont disparu pour une charge de travail plus élevée - il y a un formidable esprit de démission qui domine : avant 50 ans, l'objectif est le départ à la retraite. Des pressions de toutes nature sont effectuées sur le personnel, les cadres. Les contrôles à domicile des agents malades en sont les manifestations les plus visibles.

* Monsieur NEVEU (RENAULT Guyancourt) confirme l'ampleur de la prise anxiolytique et autres produits au travail. Il informe que la direction Renault a mis en place un observatoire du STRESS. Cela a été motivé par une véritable épidémie de suicide et de pathologies nerveuses. Il demande à ce que la notion de STRESS soit précisée car tout le monde y met tout et n'importe quoi.

* Madame DUCREUX-ADOLPHE (Médecin du Travail) - STRESS = mot " fourre-tout " impliquant difficultés personnelles-difficultés professionnelles - parler plutôt par exemple, de " souffrance au travail ".
Mobing = (terme crée par Hans Leymann) = Harcèlement au travail.
Rôle et missions du Médecin du Travail = Protéger la santé des salariés sur le milieu de travail.
Réflexions de plus en plus importante des médecins du travail sur =
- le respect de leur indépendance professionnelle (notamment chercher un nouveau mode de financement des services de Médecine du Travail),
- l'augmentation du temps consacré à l'étude des conditions de travail (sortir du bureau médical),
- la notion même d'aptitude = pour l'employeur = aptitude à occuper un poste de travail.
- l'équipe pluridisciplinaire de santé au travail.
Mais il faudrait en fait étudier l'aptitude du poste de travail afin qu'il ne mette pas en danger la santé des salariés.
Sur le débat même = Le mobing entraîne un isolement, une culpabilisation du salarié mis en cause qui d'arrêt maladie en arrêt maladie, est amené à démissionner = Il part vaincu, sans avoir compris ce qui lui arrivait, et l'entreprise semble avoir eu raison.
Le travail est source de socialisation et donc devrait être source de plaisir (notamment par la reconnaissance des pairs). Il faut déclarer les MP, même si elles montrent l'échec de la prévention primaire, afin d'agir sur les conditions de travail pour le salarié et pour ses collègues.
Association " Mot pour Maux au travail " - 16 rue des Cailles à Strasbourg, avec psychologues, sociologues, juristes, médecins du travail pour agir contre les harcèlements.

* Monsieur DUFFOUR (Confédération CGT) intervient à son tour, il précise son appréciation sur le STRESS, " quant on fait le choix, le STRESS n'est pas de même nature que quant on le subit. La santé n'est pas que la survenance de la maladie, elle est aussi la qualité de la vie.
1. Préserver son intégrité,
2. La marge de manoeuvre dont disposent les gens pour organiser la santé,
3. Un sens au travail. Les syndicats doivent être vigilants, en particulier avec les systèmes de prime de risques, de nuisances, d'équipes de nuit, etc.
Une prime ne nous exonère pas de l'élimination d'un risque.
Le travail peut aussi apporter du plaisir. La reconnaissance d'une compétence, d'un savoir-faire en est une démonstration. L'action du patronat sur " le travail effectif " est très dangereuse. Elle met en cause les moyens de récupération de l'intégrité physique et mentale du salarié, ce qui engendre un franchissement des seuils d'alerte, et une usure prématurée.

* Madame NIEDHAMMER (Psychologue INSERM) - rappelle la définition de la santé par l'OMS : état de complet bien être physique et mental qui ne résulte pas seulement de l'absence de maladies ou infirmités.
Maladies psychiques et psychiatriques : une des principales causes d'absentéisme, un coût socio-économique important pour les entreprises. Problème de la définition du STRESS : assimilation au stress positif, ambiguë ... besoin de préciser les termes : voir mobing + harcèlement moral.
Démystifier le modèle nippon, voir le KAROSHI (pathologie du surmenage au Japon).

* Mme LE JOLIFF (Ergonome ERETRA) : Le STRESS intervient, quand le salarié n'a plus de marges de manoeuvre, ne peut plus influer sur le cours du travail, n'a plus la reconnaissance pour son travail. A ce moment là, la dégradation des conditions de travail entraîne des contraintes psychologiques dangereuses. Rentabilité financière et être humain ne vont pas ensemble.

* Monsieur BARISI (Sociologue ISERES) intervient sur les droits sociaux - remarque que dans de nombreuses interventions, la notion d'isolement est évoquée ou sous-jacente, il faut donc combattre avant tout l'isolement. Les négociations sur la RTT sont une occasion inespérée de mettre les conditions de travail au centre des préoccupations.

* Monsieur GONZALEZ MESTRES (Chercheur CNRS). Je suis chercheur au CNRS, syndiqué SNCS-FSU, je suis venu avec Michel DEZA, directeur de recherche au CNRS, délégué SNTRS-CGT. La situation s'est à un tel point dégradée dans la recherche que nous avons crée un groupe de discussion électronique sur le harcèlement professionnel (harcelement_professionnel@egroups.com) et nous envisageons de procéder à la création d'une association pour dénoncer et combattre le harcèlement professionnel.
Les chercheurs pourraient travailler de façon très indépendante et heureuse, et en dehors des structures d'embrigadement. Pourtant depuis deux décennies, le milieu politique et le sommet de la hiérarchie ont imposé un développement du " tout management ", du " tout programme ", la marginalisation de la compétence professionnelle au bénéfice de la " gestion ", la croissance incessante de tous les échelons de la hiérarchique et des structures dites de " coordination ", d'une bureaucratie harcelante, d'une nomenklatura qui accumule les privilèges et devient une vraie caste.
En passant, le " réformateur " C. ALLEGRE est un parfait représentant de cette nomenklatura, au sein de laquelle il prépare l'importation massive de modèles et méthodes dits " modernes ", jusqu'à la mise en cause de notre stabilité d'emploi. Ses approches sont particulièrement " dures ".
En 20 ans, on a vu se généraliser une situation de grande tension dans les laboratoires, extérieure à tout besoin de travail, même en entendant celui-ci de façon très exigeante. Le système devient inhumain, les gens craquent jusqu'à la tentative de suicide ou des morts prématurées dont on ne connaît pas bien les circonstances. Généralisation croissante des pratiques de harcèlement professionnel contre quiconque résiste au système, où lui apparaît comme un obstacle, ou le dénonce. Mais, comme il faut protéger le budget de la recherche, le sujet reste tabou et personne ne veut en parler.
La victime du harcèlement voit ses activités professionnelles détruites et dénigrées, même au prix de favoriser des concurrents étrangers, on l'isole, on lui enlève ses outils de travail, on la laisse dans la nature pour qu'elle craque. L'intéressé est déprimé. Pour que personne ne le soutienne, on le présente comme un élément antisocial ou incapable de travailler à l'intérieur d'une communauté, on construit des dossiers " médicaux " et " psychiatriques " contre lui, à son insu, on cherche à le faire passer pour un fou, on le harcèle sans cesse, on déstabilisera sa situation professionnelle et on le poussera à la faute, on va jusqu'à la provocation ouverte et le coup monté.
Ce n'est pas une simple pression professionnelle, on exige la soumission, on demande aux gens de vendre leur âme au diable et quiconque tente de garder son indépendance intellectuelle et morale est harcelé à mort jusqu'à sa disparition du système.

* Monsieur VANDENBORRE (BRONZAVIA Nanterre), évoque les conditions de travail détériorées. Un cas de tuberculose dans l'entreprise s'est déclaré. Le CHSCT cherche à remonter les causes de cette maladie. Une intoxication due à l'acétylène aurait pu le fragiliser. Cela reste particulièrement inquiétant.

* Madame SAIZ (Hypermarché CHAMPION) témoigne que dans son entreprise comme dans bien d'autres, les conditions de travail sont un sujet tabou et le harcèlement est aussi de mise. Puis cette intervenante expose le véritable parcours du combattant qu'elle effectue pour être en reconnaissance de maladie professionnelle, TMS, causée par des gestes répétitifs et de mauvaises postures de travail.

* Monsieur MENNESSON (USTM-CGT), intervient sur les luttes à construire pour s'opposer à la dégradation des conditions de travail. Les discussions en cours dans l'automobile autour de la réduction du temps de travail et du rajeunissement de la pyramide des âges prévoient 3 départs-1 embauche. Avec des conditions de travail déjà insupportables conduisant de nombreux jeunes à des maladies professionnelles graves, cette nouvelle réduction d'effectifs va encore aggraver la situation.

* Madame BRUNO (MAIF), parle de l'action dans son entreprise et annonce être gréviste dans un milieu assez difficile. Elle stigmatise la nouvelle organisation du travail imposée. Chez nous, dit-on, le " sociétaire est roi ", mais à quel prix pour les salariés ?
Un exemple : des statistiques téléphoniques sont faites. Elles attribuent à chaque agent un nombre de communications n'excédant pas 10 minutes, quelque soit la nature de l'appel. Conséquence : tout le monde a l'impression de tout faire mal. Cette situation dégradée trouve son expression dans les remarques de notre médecin du travail qui parle d'état général dépressif qui augmente, le personnel jeune et sensible aux pressions souffre. Il est victime d'un isolement croissant.

* Monsieur PERROT (RENAULT Guyancourt), s'interroge sur les moyens : son CHSCT rayonne sur 4200 salariés, autant dire que ses moyens sont limités. Il revient sur le STRESS. Il considère qu'il est une réponse physique à une agression. La question se pose : peut-il y avoir un bon STRESS ? Ensuite, il évoque les problèmes liés aux délocalisations, les horaires démesurés et l'alcoolisme qui gagne dans les bureaux dans un moment de convivialité retrouvé à cette occasion, puis la drogue. Tout est fait pour isoler les salariés.

* Monsieur BERNARDINI (USTM-CGT), se félicite du succès de participation à cette journée d'étude, du contenu des interventions. Il intervient sur les suicides en partant de l'exemple Renault - suicide maladie psychique - un tabou à faire éclater - pas dans notre culture d'en parler par opposition à un accident du travail sanglant. Pourtant, le constat est fait de la progression de ces troubles à l'entreprise. On ne peut taire ou faire l'impasse de leurs liens avec les conditions de travail comme nous y incitent les employeurs.

* Madame NIEDHAMMER (Psychologue INSERM), intervient sur le KAROSCHI et cite des exemples.

* Monsieur BENTABET Amar (ETG-CHAUSSON), parle de la situation de l'emploi que connaît son entreprise menacée de disparition et la souffrance ressentie par les salariés - reclassement - mise en concurrence des travailleurs - harcèlement -tout concourt à un sentiment de résignation, dominant sur les moyens. Il évoque les réunions d'expression des salariés, peut ou pas utilisées, dévoyées, mais combien nécessaires pour créer des solidarités. Il conclut sur les menaces nouvelles de la RTT proposées par la direction sur les conditions de travail.

* Monsieur ANDRE Michel (PTT) - déplore qu'il n'y ait pas d'inspecteurs du travail dans la journée d'étude, il pense que c'est significatif de nos difficultés à travailler avec cette institution. Il évoque également la médecine du travail et la peur des salariés de se retrouver en " inaptitude " à l'issue d'une visite médicale.

* Monsieur DUFFOUR Serge (Confédération CGT) fait un historique sur les conditions de travail au XIXè siècle, les mutilations, jusqu'à la création du corps des inspecteurs du travail. Il énumère l'ensemble des organismes intervenant sur le travail et invite à faire appel à eux.
Le critère de la performance conduit à mettre en cause l'estime de soi. On construit des stratégies individuelles de défense (il cite C. DESJOURS). On doit faire plus pour ne pas se dévaloriser. L'hyperactivité oblige à garder le rythme = courir - avec la voiture, à la maison, avec les enfants, regarder des films nuls pour ne pas réfléchir. Cela conduit au développement des mysticismes et sectes, croyances, religions et sciences occultes, voyantes etc.. Cela pourrait se résumer à : " t'occupes pas de ce qui se passe en bas, va plutôt voir en haut !". Car dès que la pensée prend le dessus et c'est vital pour la santé mentale et physique, cela devient incompatible, et il y a des ruptures. A l'inverse, l'hyperactivité va conduire à une fragilité vis-à-vis des maladies cardiovasculaires, des cancers.

* Madame DUCREUX-ADOLPHE (Médecin du travail) - interviendra sur le suicide et le silence devant cet acte.
La personne souffrante s'isole. La question qui lui est posée avec la vie, c'est se soumettre ou se démettre. Les suicidés partent vaincus.

* Monsieur BARISI (Sociologue ISERES) intervient sur les moyens, il développe sur l'utilisation de l'information des médias, sur notre déficit d'utilisation des institutions même.

* Monsieur CASTELAO (ALSTOM Vélizy) intervient sur les dégâts de l'externalisation. Il décortique les procédures utilisées par les entreprises dont la sienne - fermeture, délocalisation, puis recréation de petites structures de moins de 50 salariés pour échapper aux contraintes légales CE, etc.... et recevoir des subventions. Les dégâts chez les salariés. Ignorées des médias, mais aussi démantèlement des structures syndicales qui contribuent plus encore à la déstabilisation.

* Monsieur SAPPE (PEUGEOT JARY) cite son propre vécu de la souffrance au t ravail. Il dit entre autre être venu pour trouver un début de réponse à ses propres préoccupations. Dans son entreprise, gel des salaires depuis 1995. Comme beaucoup d'autres au travail je ne mange plus le midi = économie de 200 F/mois, soit 1,50 F de l'heure. Je me fais en quelque sorte et malheureusement de cette façon ma propre augmentation. Mais quelles seront les incidences sur ma santé ? Il évoque aussi son environnement de travail - amiante - huiles solubles - chimiques... Urgence de la constitution d'un CHSCT actif.

* Monsieur CHAUVEL (HISPANO), intervient sur les moyens trop souvent ignorés. Il les liste en soulignant leur importance, mais aussi l'ignorance de leur pleine utilisation pour beaucoup de salariés et d'instances représentatives.

* Monsieur DUFFOUR Serge (Confédération CGT) - Sur le fond, toucher à l'organisation du travail, c'est mettre le doigt là où cela fait mal à l'employeur. Pourtant, c'est le rôle des représentations salariés de le faire pour la prévention. Il évoque les moyens - cite les 26 organismes de notre environnement qui sont censés s'occuper des conditions de travail.

* Monsieur OSVATH Jean-Louis (USTM-CGT), conclut cette journée. Il invite à utiliser l'actualité de la RTT qui doit être l'occasion d'expertises décidées par le CHSCT sur les conditions de travail.
- l'association sur le harcèlement professionnel proposée doit trouver son essor.
Association " Mot pour Maux au Travail " - 16 rue des Cailles à Strasbourg, avec psychologues, sociologues, juristes, médecins du travail pour agir contre les harcèlements.
- obtenir la reconnaissance en maladie professionnelle des maladies nerveuses liées au travail.
- renforcement des moyens et respect des institutions chargées de prévention : CHSCT - CE - Inspection du travail - CRAM.
- une médecine du travail exempte des pressions patronales, ayant les moyens de son indépendance et disposant de réels pouvoirs au niveau des conditions de travail, de la santé, de l'épidémiologie, en concertation avec les partenaires sociaux.
- Inscription aux tableaux des maladies professionnelles des maladies nerveuses et psychiques dues au travail.
- contrôle rigoureux de méthodes d'intensification du travail et de gestion des personnels.
- un compte-rendu de cette journée sera publié.